Napoléon

La nuit du poison, Fontainebleau, 12-13 avril 1814

12 min

Palais de Fontainebleau, nuit du 12 au 13 avril 1814, entre trois heures et l'aube. Napoléon, quarante-quatre ans, empereur des Français, a abdiqué le 6 : la France est envahie, Paris a capitulé, ses maréchaux ont refusé de marcher. Cette nuit, il a avalé le poison qu'il gardait depuis la Russie ; son corps vient de le rejeter. Il vivra, et au matin il doit ratifier le traité qui fait de lui l'empereur de l'île d'Elbe.

La mort n'en a pas voulu. J'ai bu de quoi coucher deux grenadiers, et me voilà : en sueur dans une chemise fraîche, les jambes en coton, vivant. Le goût me reste dans la bouche, cendre, fer, pharmacie. J'ai commandé à six cent mille hommes ; je n'ai pas su me faire obéir d'un verre d'eau.

Le sachet venait de Russie. Une aube, près de Gorodnia : des cosaques à cent pas de moi ; une minute de plus, et l'empereur des Français finissait au bout d'une lance, promené de foire en foire. Le soir même, j'ai demandé à Yvan, mon chirurgien, de quoi n'être jamais pris vivant. De l'opium, cousu dans un sachet de taffetas noir. Je l'ai porté au cou comme un scapulaire, puis dans une poche, puis dans le nécessaire de voyage : ma dernière place forte, et je n'en ai plus jamais relevé la garnison. Un artilleur sait qu'une charge se garde au sec et se renouvelle ; la mienne avait dix-huit mois de poche et de cahots. Elle a fumé sans partir.

À trois heures, j'ai écrit à Louise : qu'elle est ce que j'aime le plus au monde, que mes malheurs ne me touchent que par le mal qu'ils lui font, qu'elle donne un baiser à mon fils. J'ai glissé la lettre sous le chevet, avec le portefeuille de maroquin rouge qui porte leurs deux portraits. Puis j'ai délayé le sachet dans un peu d'eau, j'ai bu d'un trait, et j'ai fait appeler Caulaincourt. Approchez, asseyez-vous ; je ne veux que vous. Je lui ai parlé de la France, de Louise, du petit roi ; l'agonie fait de bons protocoles, je dictais jusque dans la mort. Puis le corps a ouvert le feu. Personne ne vous dit cela du poison : on croit s'endormir, on se bat. Crampes, hoquets, un froid de Bérézina dans les os, et ce vieux corps de soldat qui refusait la consigne et rendait tout. Qu'on a de peine à mourir ; quel malheur, une constitution qui repousse la fin d'une vie qu'il me tarde tant de voir finir. Caulaincourt voulait appeler ; je lui broyais la main : pas de bruit, Vicence, c'est un ordre, le dernier peut-être. Il pleurait et il obéissait. Yvan est venu tout de même ; il m'a vu tordu ; quand j'ai réclamé une dose qui achève, il a balbutié qu'il ne savait pas ce que Sa Majesté voulait dire, il m'a fait avaler du thé pour aider le corps à tout rendre, et il a quitté le château au galop, sur un cheval trouvé aux grilles. Vingt ans qu'il me recousait sur tous les champs de l'Europe. Ma dernière bataille a mis en déroute mon propre chirurgien.

Qu'on ne dise pas : il n'a pas supporté la défaite. La défaite est un état de mon métier ; j'ai été battu, je me suis refait, j'ai battu. Ce que je ne supporte pas est sur la table, là : quelques pages d'encre diplomatique. On me laisse le titre d'empereur et on me donne l'île d'Elbe. J'ai eu l'Europe du Tage au Niémen ; on me rend un caillou où le canon d'alarme s'entend d'une côte à l'autre. Deux millions de rente, payables par la France, c'est-à-dire par les Bourbons, c'est-à-dire par personne. Une garde de quatre cents hommes « de bonne volonté », dit leur traité. Quatre cents ! Ils n'ont pas tué l'Empire : ils l'ont mis en modèle réduit, comme un plan-relief d'école militaire. Voilà ce que je voulais fuir cette nuit. Pas la mort de l'Empire : sa miniature.

L'armée voulait encore ; les soldats criaient : à Paris ! Ils m'aiment sans conditions, c'est leur seul luxe et le mien. Ce sont les maréchaux qui n'ont plus voulu. Je les ai faits ducs, princes, riches à millions ; je les ai faits las aussi. Ney m'a regardé en face : l'armée obéira à ses chefs. Vingt ans de victoires retournés contre moi en cinq mots. Berthier s'en va, mon Berthier, vingt ans de dépêches sur la même table ; son abandon m'a navré. Et Marmont. Mon cadet de Toulon, mon aide de camp, ma créature ; je lui avais donné Raguse en duché. Pendant qu'on négociait à Paris la couronne de mon fils, son corps d'armée est passé à l'ennemi, de nuit, comme on déserte. La régence est morte à Essonnes. Marmont m'a porté le dernier coup ; le poison de cette nuit avait dix-huit mois, le vrai venait d'Essonnes. Il se justifie, paraît-il : il sauvait la France. On se justifie toujours ; moi aussi, dans une heure. Qu'il vive vieux.

Il y a douze ans, un grenadier de ma garde s'est tué pour un chagrin d'amour. J'ai fait porter à l'ordre du jour qu'un soldat doit savoir vaincre la douleur et la mélancolie des passions, qu'il y a autant de vrai courage à souffrir avec constance les peines de l'âme qu'à rester fixe sous la mitraille, que se tuer, c'est abandonner le champ de bataille avant d'avoir vaincu. J'ai fait la leçon à un enfant mort d'amour ; cette nuit, l'auteur de l'ordre du jour a déserté au sachet. La sentence était juste, et le juge vient de passer devant son propre conseil de guerre. Une circonstance atténuante : j'avais d'abord cherché la mort en règle, en uniforme, au tarif du soldat. À Arcis, il y a trois semaines, je me suis planté sous la mitraille ; on m'a tué un cheval sous le corps ; les généraux me suppliaient, j'ai répondu que la balle qui doit me tuer n'était pas encore fondue. Je le croyais. La mort ne veut pas de moi au feu, et elle me recrache au lit. Elle a ses consignes, et je ne les connais pas. C'est la première armée dont je ne sais pas lire les ordres.

L'Europe fera mes comptes ; autant les dicter moi-même. Le duc d'Enghien : enlevé en pays étranger, jugé à la hâte, fusillé de nuit dans un fossé de Vincennes. On m'en fait mon crime de sang ; j'y signe un acte d'État. On tuait alors le Premier Consul dans les rues : la machine infernale, et le comte d'Artois qui soldait, de son propre aveu, soixante assassins dans Paris. J'ai renvoyé la terreur à ses expéditeurs en une seule décharge ; les princes ont cessé de payer des couteaux. Dans une semblable circonstance, j'agirais de même ; qu'on le grave. Jaffa : trois mille prisonniers fusillés sur une plage, sur mon ordre. Ils avaient été pris une fois, relâchés sur parole, repris les armes à la main ; je n'avais ni pain pour les nourrir, ni hommes pour les garder, ni navires pour les rendre. La guerre a de ces caves ; j'y suis descendu, j'ai donné l'ordre, j'ai dormi ensuite. L'Espagne : mon ulcère, l'erreur pleine, la seule que je n'aie jamais su habiller ; trois cent mille hommes usés à donner à l'Espagne un roi qu'elle ne voulait pas. La Russie : j'y ai mené six cent mille hommes ; il en est revenu une poignée en état de se battre. En décembre, j'ai dicté le bulletin du désastre et je l'ai cloué d'une dernière phrase : la santé de Sa Majesté n'a jamais été meilleure. L'Europe a hurlé au monstre. La phrase était exacte ; c'est pour cela qu'elle est monstrueuse. Un empire ne doit pas trembler, même quand il gèle. Et cette année, pour finir, la France m'a donné ses enfants : des conscrits imberbes qu'on surnommait les Marie-Louise, du nom de ma femme qui signait les décrets de levée. On n'avait pas eu le temps de leur apprendre les douze temps de la charge ; mourir s'apprend en un. Ceux-là, je ne les mets dans aucune colonne. Ils pèsent seuls.

Louise est à Orléans, avec le petit. Trois ans le mois dernier, roi de Rome au berceau, roi de rien cette nuit. Je lui ai écrit d'aller à Rambouillet : son père l'y rejoindra. Son père ! Je prends une archiduchesse, j'en fais une impératrice, je lui fais un roi ; au premier revers, l'Autriche reprend sa fille comme un prêt sur gages. Corvisart m'écrit déjà que le voyage vers l'île nuirait à sa santé ; quand les médecins se mettent à la diplomatie, la place est rendue. C'est une enfant qu'on a élevée à me haïr et dressée à m'épouser ; elle a fait l'un et l'autre de bonne grâce. Je l'ai prise pour son ventre et pour la paix de l'Autriche : le ventre a tenu parole, l'Autriche jamais. Et à la Malmaison, parmi ses roses et ses dettes, il y a la répudiée ; celle-là m'aurait suivi à l'île d'Elbe en chantant. J'ai troqué le seul être qui m'ait porté bonheur contre une alliance qui campe cette nuit dans mes forêts. En amour aussi, j'aurai eu ma campagne de Russie.

Le jour vient, le parc est gris ; on n'entend plus que les fourgons de ceux qui s'en vont. Cette maison est la seule que j'aie aimée : les rois y sont chez eux depuis des siècles, c'est la maison des siècles, et l'on y signera la fin du mien tout à l'heure. Le traité attend sur la table. Caulaincourt veille derrière la porte ; il croit que je dors, je l'entends respirer comme une sentinelle. Tout à l'heure, je l'appellerai et j'écrirai Napoléon au bas de leur ouvrage. Je vivrai, puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. Vivre : le seul terrain dont je n'aie jamais levé la carte. Eh bien, on la lèvera. Un empereur sans empire en garde un à sa mesure : la mémoire des hommes. Je m'y retrancherai ; j'y livrerai mes batailles, j'y nommerai des maréchaux qui ne trahissent pas. Quant à cette nuit, elle n'aura pas de bulletin. J'exigerai des témoins le silence. J'ai tout dicté, la victoire, le désastre, ma santé de décembre ; je laisse une page en blanc, la première. La postérité aura mes journées ; cette nuit, je l'abandonne au seul homme qui m'ait vu la perdre. Allons. J'ai vomi ma mort ; il me reste à digérer ma vie. Caulaincourt ! Le traité.


Au matin du 13 avril, il ratifia le traité. Roustam, son mamelouk, déserta le jour même ; Constant, son premier valet, six jours plus tard, en emportant argent et bijoux. Le 16, il écrivit à Joséphine sa dernière lettre : « ne perdez jamais le souvenir de celui qui ne vous a jamais oubliée et ne vous oubliera jamais » ; elle mourut le 29 mai, à la Malmaison. Le 20 avril, dans la cour du Cheval-Blanc, il dit à la Vieille Garde vouloir les presser tous sur son cœur, serra le général Petit et embrassa le drapeau. Sur la route du sud, à Orgon, une foule royaliste le pendit en effigie, habit vert et pancarte sanglante ; l'homme qui défiait la mitraille d'Arcis endossa un uniforme autrichien prêté par le général Koller. Puis dix mois d'Elbe, les Cent-Jours, Waterloo, et le rocher de Sainte-Hélène, où il dicta pendant six ans sa propre statue : le Mémorial devint la bible du siècle, et la légende gagna la partie que les armes avaient perdue. Il mourut le 5 mai 1821 ; son testament assumait encore Enghien : « dans une semblable circonstance, j'agirais de même ». En 1840, Paris entier suivit le char des Cendres jusqu'aux Invalides. Caulaincourt, lui, garda sa nuit sous clef ; ses Mémoires ne parurent qu'en 1933. Il avait tout dicté, jusqu'à sa légende ; le seul bulletin sans fard de l'Empire, celui de cette nuit-là, parut cent dix-neuf ans plus tard, signé d'un écuyer.

Le vrai et la légende

Ce qui est de sa main, ce qui est documenté, ce qui est contesté, et la part inventée.

De sa main

L'archive la plus vaste de la série : quelque quarante mille lettres et dépêches, les proclamations et les bulletins de la Grande Armée dictés par lui, dont le 29e (Molodetchno, 3 décembre 1812), qui annonce le désastre de Russie et se clôt sur « La santé de Sa Majesté n'a jamais été meilleure » ; l'ordre du jour de Saint-Cloud (12 mai 1802) après le suicide du grenadier Gobain : « il y a autant de vrai courage à souffrir avec constance les peines de l'âme qu'à rester fixe sous la mitraille d'une batterie ; s'abandonner au chagrin sans résister, se tuer pour s'y soustraire, c'est abandonner le champ de bataille avant d'avoir vaincu » ; le testament de Longwood (15 avril 1821), qui assume l'exécution du duc d'Enghien (« J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance j'agirais de même ») ; la dernière lettre à Joséphine (Fontainebleau, 16 avril 1814, au vous : « ne perdez jamais le souvenir de celui qui ne vous a jamais oubliée et ne vous oubliera jamais ») ; six années de dictées à Sainte-Hélène (le Mémorial de Las Cases, retravaillé par Las Cases, les cahiers de Gourgaud, de Bertrand, de Montholon), dont « cette malheureuse guerre m'a perdu » sur l'Espagne, « la vraie demeure des rois, la maison des siècles » sur Fontainebleau et, à Gourgaud, « c'est après l'entrée à Moscou que j'aurais dû mourir ». De la nuit du 12 au 13 avril 1814, il ne reste de sa main qu'une lettre : celle à Marie-Louise, écrite à trois heures du matin (la tendresse, Rambouillet, « donne un baiser à mon fils »), sans un mot sur ce qu'il allait boire. La tentative, il ne l'a jamais écrite ni dictée : il a exigé des témoins le secret.

Documenté (par des tiers)

La crise de la nuit (ingestion, crampes, vomissements, survie) est rapportée par plusieurs témoins directs ou immédiats : Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer et ministre, resté au chevet (Mémoires publiés en 1933) ; le valet de nuit Hubert ; Constant, premier valet ; le baron Fain derrière la porte (Manuscrit de 1814, 1823) ; plus tard le fils du chirurgien Yvan. De Caulaincourt viennent les répliques tissées dans le texte : « approchez et asseyez-vous », « je ne veux que vous », la constitution qui « repousse la fin d'une vie qu'il me tarde tant de voir finir » et, au matin, « je vivrai, puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille ». Documentés aussi : le sachet demandé à Yvan après l'alerte cosaque de Gorodnia (25 octobre 1812), où l'Empereur faillit être pris ; la réponse d'Yvan cette nuit-là (« je ne sais pas ce que Votre Majesté veut dire »), le thé donné pour faire rendre, sa fuite au galop sur un cheval trouvé aux grilles (Fain ; Méneval le fait partir au matin seulement) ; la chronologie d'avril : Paris capitule le 31 mars, abdication conditionnelle le 4, passage du 6e corps de Marmont aux avant-postes ennemis dans la nuit du 4 au 5 (le verbe « raguser », trahir, en est resté dans la langue du temps), abdication sans conditions le 6, traité signé à Paris le 11 par Caulaincourt, Ney et Macdonald (le titre d'empereur conservé, la souveraineté de l'île d'Elbe, deux millions de rente que Louis XVIII ne versera jamais, Parme pour Marie-Louise, une garde de « quatre cents hommes de bonne volonté »), ratification au matin du 13 ; la lettre de Corvisart, reçue le 12, déconseillant à l'Impératrice le voyage vers l'île ; Marie-Louise et le roi de Rome à Orléans, qu'il ne reverra jamais ; l'exposition au feu d'Arcis-sur-Aube (20-21 mars), un cheval tué sous lui, le mot aux généraux sur la balle « pas encore fondue » ; les adieux à la Vieille Garde le 20 avril dans la cour du Cheval-Blanc, jamais sténographiés (la version de Fain porte « je voudrais vous presser tous sur mon cœur ; que j'embrasse au moins votre drapeau ! », le général Petit serré contre lui) ; Orgon le 25 (l'effigie pendue en habit vert, une pancarte sanglante sur la poitrine), puis l'uniforme autrichien du général Koller endossé par peur du lynchage ; les désertions de Roustam (le 13) et de Constant (le 19) ; Jaffa, mars 1799 : les prisonniers relâchés sur parole à El-Arich et repris les armes à la main, fusillés sur la plage (les chiffres publiés vont de deux mille à plus de quatre mille ; Bourrienne, présent, dit environ trois mille) ; les « Marie-Louise », surnom des conscrits de 1814 levés sous la régence de l'Impératrice ; la Russie : environ six cent mille hommes engagés au fil de la campagne, un peu plus de quatre cent mille au passage du Niémen, quelque soixante-quinze mille revenus.

Contesté, légende

L'intention suicidaire elle-même est discutée : la plupart des historiens tiennent la crise pour réelle, mais Tulard penche pour une prise d'opium excessive sans intention claire et Branda écrit « probable » ; le texte suit Caulaincourt, témoin de la nuit, qui n'a pas de doute. La nature du poison diverge : opium d'après la confidence de Napoléon à Caulaincourt (le texte s'y tient), mélange de belladone et d'ellébore volontairement non mortel selon le fils d'Yvan ; l'explication du poison éventé par dix-huit mois de transport est celle qui circulait dans la chambre, pas une certitude. Constant, qui décrit le sachet de taffetas noir, le date d'avant l'Espagne ; Caulaincourt et le fils d'Yvan le rattachent à la Russie : le texte suit ces derniers. Le mot à mot des répliques vient de mémoires écrits après coup, pas de sténographies. L'échange du 4 avril (« L'armée m'obéira » ; Ney : « L'armée obéira à ses chefs ») est une tradition constante, non documentée à la lettre. L'obus fumant qu'il aurait abordé au pas à Arcis, cheval éventré sous lui : la scène vient de Chateaubriand, qui n'y était pas ; le texte ne la reprend pas. « Du sublime au ridicule il n'y a qu'un pas » (Varsovie, décembre 1812) : source unique, l'abbé de Pradt, témoin hostile. « La maison des siècles » date de Sainte-Hélène : le texte la lui prête en pensée deux ans plus tôt. Les mots sur Marmont (« l'ingrat ! il sera plus malheureux que moi ») circulent en versions non concordantes ; le texte garde seulement « Marmont m'a porté le dernier coup », entendu par Constant la nuit même.

Le dispositif

Le moment : l'heure qui suit l'échec du poison, entre la crise et la ratification du traité. L'angle : l'homme qui a tout dicté, bulletins, proclamations, jusqu'à sa légende, devant la seule nuit de sa vie dont il a interdit le récit. La voix : la dictée impériale tournée à vide, images d'artilleur, ordres, arrêts secs. Le monologue est de moi ; la trame de la nuit, la lettre de trois heures et plusieurs répliques sortent des témoins cités ; les pensées sont ma lecture, et là où les versions divergent, le texte suit Caulaincourt.

À écouter ensuite

Sénèque

la dernière dictée, villa des faubourgs de Rome, avril 65

À quatre milles de Rome, une nuit d'avril 65. La conjuration de Pison vient d'être découverte, les exécutions ont commencé.

12 min

Narration · Napoléon
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