Alexandre

La nuit de Cleitos, Maracanda, automne 328 av. J.-C.

13 min

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Citadelle de Maracanda, la Samarcande d'aujourd'hui, une nuit d'automne de l'an 328 avant notre ère. Au banquet, il y a trois heures, Alexandre, roi de Macédoine et maître de l'empire perse à vingt-huit ans, ivre, a transpercé d'une lance Cleitos le Noir : l'officier qui lui avait sauvé la vie au Granique, le frère de sa nourrice. Les gardes lui ont arraché l'arme quand il l'a retournée contre sa propre gorge, et l'ont porté dans sa chambre. Le corps est encore dans la salle.

Le sang a séché entre mes doigts. Quand je ferme la main, il craque.

Je suis à terre, le dos contre le lit. On m'a porté ici. Quatre hommes, un à chaque membre, comme on porte les blessés. Je me suis débattu jusqu'à la porte. Après, je ne sais plus.

La lampe fume. Le vin me remonte dans la gorge.

De l'autre côté de la cour, dans la salle, on marche. On traîne les tables. On jette de l'eau sur les dalles. J'entends l'eau.

C'est lui qu'on emporte.

« Cleitos ! »

Les gardes, derrière la tenture, ne répondent pas. On a dû le leur ordonner. Ils m'ont pris mon poignard ; il dort sous mon chevet avec l'Iliade depuis l'Hellespont. Ils ont laissé le livre.

Je tâte encore la place, comme si la main pouvait se tromper deux fois.

Il y a trois heures, il chantait. Nous chantions tous.

La salle était pleine. Mes officiers, les Grecs, des seigneurs de Sogdiane qu'il faut bien asseoir à ma table. Le vin sans eau, à la mode barbare, comme tout le reste maintenant. Un chanteur donnait des couplets d'un certain Pranichos sur les stratèges qui se sont fait tailler en pièces au bord de la rivière, l'an dernier. La rime était méchante. J'ai ri. J'ai frappé la table pour avoir la suite.

Les vieux ne riaient pas. Ils regardaient leurs mains.

Cette rivière, c'est celle d'ici. On l'entend la nuit quand le camp se tait. Deux mille des nôtres sont restés couchés dedans. J'avais défendu aux survivants d'en parler, sous peine de mort. Et cette nuit on le chantait, et je riais.

Cleitos s'est levé. Le vin en lui aussi. La barbe noire, une voix à couvrir une charge. Il a servi mon père avant moi. Sa sœur m'a donné le sein.

Je venais de lui donner la Bactriane. Il partait demain matin.

« On moque des Macédoniens morts, et devant des barbares. Ils ont eu du malheur. Ils valaient mieux que ceux qui rient. »

« Du malheur ? Tu plaides pour toi, Cleitos. Tu donnes à la lâcheté le nom de malheur. »

Il a tendu son bras droit par-dessus la table.

« Cette lâcheté t'a sauvé la vie, fils des dieux, le jour où tu tournais déjà le dos à l'épée de Spithridatès. Cette main-là. C'est le sang des Macédoniens, ce sont ces blessures qui t'ont fait assez grand pour renier Philippe et te dire fils d'Ammon. »

J'ai bu. Je me suis penché vers les deux Grecs, assez fort pour toute la table :

« Les Grecs, au milieu des Macédoniens, n'ont-ils pas l'air de demi-dieux parmi des bêtes sauvages ? »

Les Grecs ont ri. Les vieux non.

Cleitos criait, maintenant. Les verges. Les morts. Les Macédoniens obligés de prier des Perses pour approcher leur propre roi.

« Heureux ceux qui sont morts avant de voir ça ! »

Et le doigt tendu vers moi :

« Dis tout haut ce que tu as à dire. Ou n'invite plus à ta table des hommes libres, des hommes qui parlent franc. Va vivre avec les barbares et les esclaves : eux se prosterneront devant ta tunique blanche et ta ceinture perse. »

La pomme était dans ma main, je ne me souviens pas de l'avoir prise. Je la lui ai jetée. Je l'ai atteint. J'ai cherché ma lame à ma ceinture.

Le fourreau était vide. Aristophanès, un de mes gardes, me l'avait prise dès les premiers cris.

Alors j'ai appelé les hypaspistes en macédonien, la langue des alarmes. Toute la salle a compris le mot. Personne n'est venu.

J'ai ordonné au trompette de sonner. Il a serré sa trompette contre sa poitrine et il n'a pas soufflé. Je l'ai frappé au visage, de ce poing.

« On me mène comme Darius par Bessos ! Je n'ai plus du roi que le nom ! »

Je hurlais ça à mes amis qui me tenaient les bras. Ptolémée a pris Cleitos aux épaules et l'a poussé dehors, passé le fossé, passé le mur. La salle s'est mise à respirer. Quelqu'un a ramassé la pomme.

Et la voix est revenue. Par l'autre porte.

Il déclamait. Euripide, l'Andromaque, la tirade que tout soldat sait :

« Hélas ! Quel mauvais usage règne en Grèce : l'armée dresse un trophée sur l'ennemi, et l'ouvrage n'est pas à ceux qui ont peiné ; c'est le général qui en ramasse l'honneur. »

Sa main écartait le rideau de la porte. J'ai arraché sa lance au garde le plus proche.

« Va donc rejoindre Philippe ! Philippe, Parménion et Attale ! »

Je l'ai traversé.

Il est tombé d'un bloc, avec un mugissement. Pas un mot. Un bruit de bête. Puis plus rien : cent hommes dans la salle, et pas un souffle.

La colère m'a quitté avec le bruit. D'un coup, comme un vin qu'on renverse.

Il était couché contre le mur, la lance encore dedans, sa main droite ouverte sur les dalles. La main du Granique.

J'ai arraché la lance du corps. Je l'ai retournée, la pointe sous mon menton. Ils m'ont sauté dessus, six mains sur mes bras, la hampe a claqué contre une colonne. On m'a soulevé de terre. Je hurlais son nom, je crois.

La lampe fume toujours. Personne n'ose entrer la moucher.

J'ai froid. Les nuits de Sogdiane pincent dès l'automne, et le feu est mort. Je ne me lève pas pour lui.

Le Granique. Il y a six ans. L'eau à la poitrine, la berge pleine de cavaliers. Ma lance casse au premier choc. Une hache s'abat sur mon casque, emporte le cimier ; je tue l'homme qui l'a levée. Et derrière moi, un autre, le cimeterre déjà en l'air.

Celui-là, je ne l'ai pas vu. Je l'ai entendu.

Le bras est tombé avec l'arme dedans. Cleitos l'avait détaché de l'épaule d'un seul coup, comme un bûcheron ouvre une branche. Il m'a regardé, il a craché, il a remis son cheval en ligne.

Vingt fois j'ai raconté ce coup à table. C'était ma meilleure histoire de guerre. Je la racontais mieux que lui.

Lanice, maintenant. Elle vient sans que je l'appelle.

Pella. J'ai quatre ans. Elle garde des figues sèches dans sa manche, elle me mouche, elle me frotte les genoux à la cendre. Ma mère est reine ; c'est Lanice qui me lave.

Ses fils ont grandi devant moi. Ils m'ont suivi en Asie. Deux sont restés sous les murs de Milet, la première année.

Voilà le salaire de Lanice. Ses garçons morts pour mes murailles. Et son frère, cette nuit, par cette main qu'elle a lavée mille fois.

« Lanice ! »

J'ai crié ça au noir. Les gardes n'ont pas bougé. Elle est en Macédoine, à des mois de courrier. Elle apprendra tout d'un coup, le mort et le meurtrier, par la même lettre.

Des pas dans la cour. La tenture se lève. Aristandre.

Le devin entre sans torche, à petits pas. Personne d'autre n'a osé. Il se tient contre le mur.

« Roi. C'était le jour de Dionysos, et nous avons sacrifié aux Dioscures. Le dieu réclamait son dû. Ce bras n'était pas le tien. »

Il me tend ça comme on tend de l'eau à un blessé. Le dieu a frappé, pas toi. Demain, l'armée entière voudra le croire.

« Et les brebis, roi. Les trois brebis aspergées pour l'autel, qui ont suivi Cleitos quand tu l'as fait chercher. Je te l'ai dit avant la nuit : le signe était funeste. Tu as toi-même ordonné un sacrifice pour lui. Le dieu avait déjà choisi. »

« Sors. »

Il s'incline. À la tenture, il s'arrête à demi, il attend un mot.

« Sors ! »

Il sort. Ses pas s'éloignent dans la cour, des pas de vieil homme.

Ma main, maintenant. Je la tiens devant la lampe. Compte, Alexandre. Aristote t'a montré les nombres.

Thèbes. J'avais vingt et un ans. La ville a brûlé un jour entier, six mille morts dans les rues, trente mille vendus sur les marchés, les mères avec les enfants. J'ai fait épargner les temples et la maison du poète Pindare. On a beaucoup loué la maison du poète.

Philotas. Les juges, les aveux, les javelots devant l'armée. Son père ensuite. Parménion, le vieux, le second de mon père et le mien, qui n'était accusé de rien. Mon courrier a traversé le désert sur des chameaux de course pour arriver avant la nouvelle. Le vieux lisait une lettre signée de son fils mort quand ils l'ont frappé.

Ceux-là, je les ai fait tuer. J'avais l'État pour moi, des juges, des raisons. Je les redirais demain, ces raisons, une à une.

Lui, je l'ai tué. La hampe m'a cogné la paume quand le fer est entré.

Et tout ce qu'il a crié était vrai. La main du Granique. Philippe. Mon père a fait cette armée, la sarisse, la ligne, tout ; je dis partout que mon père est un dieu. Cleitos buvait trop, criait trop, choisissait son heure comme un sanglier choisit sa souille. Il n'a pas menti une fois.

La tenture se lève encore. Un page, cette fois. Quatorze ans peut-être. Il porte une aiguière et une coupe, à bouts de bras, sans approcher, comme on nourrit une bête. Il tremble. La coupe sonne contre l'aiguière.

Il pose tout sur le coffre et recule jusqu'à la porte, sans me tourner le dos.

La soif me brûle depuis des heures. Le vin assèche, le cri assèche.

Je regarde l'eau. Je ne la prends pas. Qu'elle reste sur le coffre, à sa place. Moi à la mienne, par terre.

Le jour vient, gris, sous la tenture. Le camp s'éveille sans trompettes ; personne n'ose sonner près de ma porte ce matin. Des milliers d'hommes, au bout du monde, à six ans de chez eux, vont se demander tout bas ce que je vais faire d'eux. Et de moi.

Je n'ai pas de réponse. J'ai la soif, le sang sous les ongles, et un nom.

« Cleitos. »


Alexandre resta trois jours couché, sans boire ni manger, appelant Cleitos et se disant le meurtrier de ses amis. Les devins conclurent à la colère de Dionysos ; le philosophe Anaxarque entra et lui dit que le monde entier le regardait pleurer comme un esclave, lui qui devait être la loi des hommes, car tout ce que fait le roi est juste. Il se releva, mangea, sacrifia au dieu. L'armée décréta que Cleitos avait été tué justement, et lui aurait refusé la sépulture si le roi ne l'avait fait enterrer ; Plutarque note que la consolation d'Anaxarque le laissa plus orgueilleux encore, et Callisthène, qui avait tenté la douceur, perdit ce jour-là son crédit. Quelques semaines plus tard, la tête de Spitaménès arriva au camp. L'année suivante, à Bactres, Alexandre voulut imposer la prosternation aux Macédoniens ; Callisthène s'y refusa et mourut dans les fers. Puis l'Inde, les moussons, la mutinerie, le désert de Gédrosie ; il mourut de fièvre à Babylone en juin 323, à trente-deux ans, sans héritier désigné et sans avoir écrit une ligne. Personne ne reprit jamais l'empire entier. De la nuit de Maracanda, l'histoire n'a gardé que des récits écrits des siècles après ; les cris qui les traversent sont deux noms : celui de l'homme qu'il avait tué, et celui de la femme qui l'avait nourri, la sœur du mort.

Le vrai et la légende

Ce qui est de sa main, ce qui est documenté, ce qui est contesté, et la part inventée.

De sa main

Rien. Alexandre n'a pas laissé une ligne : ni mémoires, ni journal ; les lettres que citent les Anciens sont de fidélité disputée. Ce texte est donc imaginé à cent pour cent, comme celui de Gengis Khan. Ce qui le permet : le banquet de Maracanda et la nuit qui suit comptent parmi les scènes les mieux documentées de sa vie, racontées en détail par Plutarque (Vie d'Alexandre, 50-52), Arrien (Anabase, 4.8-9), Quinte-Curce (8.1-2) et Justin, d'après des témoins directs ; presque toutes les répliques du texte viennent de ces sources.

Documenté (par des tiers)

Le meurtre à Maracanda (Samarcande), en Sogdiane, en 328 ; Alexandre a vingt-huit ans. Cleitos dit le Noir, « vieux soldat de Philippe » (Quinte-Curce), commandait l'escadron royal de la cavalerie (attesté à Gaugamèles, Arrien ; sans doute dès le début du règne) et, depuis la mort de Philotas, la moitié de la cavalerie des Compagnons avec Héphaistion (Arrien) ; il venait d'être nommé à la satrapie de Bactriane et devait partir le lendemain du banquet (Quinte-Curce, seul). Au Granique, en 334, il a sauvé le roi en tranchant le bras du Perse qui levait son arme sur lui : Spithridatès chez Arrien (par derrière, le cimeterre déjà levé), Rhosacès chez Diodore et Quinte-Curce ; Plutarque, qui nomme Spithridatès, le fait transpercer d'une lance ; le texte suit Arrien pour la scène, Plutarque pour la réplique du banquet. Sa sœur Lanice (Hellanikè chez Quinte-Curce) a été la nourrice d'Alexandre ; deux de ses fils sont morts à Milet (Quinte-Curce ; Arrien dit « ses fils » sans compter ; son fils Prôteas, lui, vivait encore et but avec le roi jusqu'au bout). Le banquet : un jour consacré à Dionysos où Alexandre sacrifie aux Dioscures (Arrien) ; la beuverie prolongée, le roi buvant désormais « à la manière des barbares » (Arrien) ; les couplets d'un Pranichos, ou Piérion, moquant les stratèges vaincus par Spitaménès, les vieux Macédoniens indignés, Alexandre qui rit et en redemande (Plutarque, seul) ; la défaite moquée est le désastre du Polytimète, la rivière de Maracanda même : deux mille fantassins et trois cents cavaliers selon Quinte-Curce, qui ajoute qu'Alexandre avait interdit aux survivants d'en parler sous peine de mort. Les flatteurs comparant Alexandre aux Dioscures et à Héraclès, Philippe rabaissé (Arrien ; Alexandre dénigrant lui-même son père : Quinte-Curce, Justin) ; le mot des « demi-dieux parmi des bêtes sauvages », adressé à Xénodochos de Cardia et Artémios de Colophon (Plutarque) ; la main droite tendue « c'est cette main, Alexandre, qui t'a sauvé » (Arrien), la lâcheté et le dos tourné à l'épée de Spithridatès, le sang des Macédoniens, Ammon, les verges, les Perses à supplier pour approcher le roi, la tunique blanche et la ceinture perse (Plutarque) : la tenue perse est portée depuis 330 (Diodore : diadème, robe blanche, ceinture) ; la pomme jetée, le poignard escamoté par le garde Aristophanès, l'appel aux hypaspistes crié en macédonien « signal d'un grand trouble », le trompette qui refuse de sonner, reçoit le poing du roi et sera loué pour ce refus (Plutarque) ; le cri « on me mène comme Darius par Bessos, je n'ai plus du roi que le nom » (Arrien) ; Ptolémée qui pousse Cleitos dehors, par-delà le fossé et le mur de la citadelle (Arrien, d'après Aristobule) ; le retour par une autre porte, le vers de l'Andromaque d'Euripide, la lance arrachée à un garde, la tenture de la porte écartée, le corps qui tombe « avec un râle et un rugissement » (Plutarque) ; la lance aussitôt retournée contre sa propre gorge, les gardes qui lui saisissent les mains et le portent dans sa chambre (Plutarque) ; la nuit à gémir, appelant Cleitos par son nom, et Lanice, « la belle récompense » rendue à la nourrice, « le meurtrier de mes amis » répété (Arrien) ; trois jours sans boire ni manger, résolu à mourir (Arrien, Quinte-Curce) ; les devins qui concluent à la colère de Dionysos et le sacrifice rendu (Arrien) ; le songe funeste et les trois brebis aspergées qui avaient suivi Cleitos, déclarées de mauvais augure par Aristandre et Cléomantis, le sacrifice expiatoire ordonné trop tard (Plutarque) ; la consolation d'Anaxarque, Zeus flanqué de Diké et Thémis, qui le releva et le laissa « plus contempteur des lois » (Plutarque, Arrien) ; le décret de l'armée jugeant Cleitos tué justement, la sépulture qu'on allait lui refuser, l'enterrement ordonné par le roi (Quinte-Curce, seul). Le poignard et l'Iliade sous son chevet : Plutarque. Thèbes rasée en 335, plus de six mille tués, plus de trente mille vendus (Plutarque, Diodore), la maison de Pindare épargnée (Arrien) ; Philotas jugé, les javelots devant l'armée, et Parménion, accusé de rien, assassiné à Ecbatane en 330, le courrier Polydamas passé par le désert à dos de chameau, la lettre au nom de Philotas entre les mains du vieux au moment du coup (Quinte-Curce ; l'exécution et l'assassinat chez tous).

Contesté, légende

La saison : fin 328 pour la plupart des historiens, le plein hiver pour certains ; « automne » est l'option majoritaire, pas un fait. L'âge de Cleitos : Justin le range parmi les plus anciens, Sénèque le dit au contraire « élevé avec » Alexandre, les modernes le font naître entre 380 et 365 ; le texte s'en tient à « il a servi mon père avant moi ». Les versions du coup mortel divergent : chez Plutarque, la lance part dans la fureur quand Cleitos écarte la tenture ; chez Quinte-Curce, le roi l'attend dans le vestibule, demande qui va là et frappe en disant « Va maintenant rejoindre Philippe, Parménion et Attale » ; le texte coud les deux, chorégraphie de Plutarque, cri de Quinte-Curce. La tentative de suicide est chez Plutarque (la gorge), Quinte-Curce et Justin (la poitrine) ; Arrien note que la plupart de ses sources ne la rapportent pas. Aristobule, cité par Arrien, affirmait que Cleitos, sorti, était revenu de lui-même et portait la faute de sa mort : plaidoyer d'un familier du roi. Le jeûne : trois jours chez Arrien et Quinte-Curce, quatre chez Justin, aucun chiffre chez Plutarque. Plutarque ne fait déclamer à Cleitos que le premier vers d'Euripide ; Quinte-Curce paraphrase toute la tirade ; le texte la donne entière. Les chiffres de Thèbes sont antiques et discutés par les modernes.

Le dispositif

La nuit même, en temps réel, dans la chambre de la citadelle de Maracanda : l'homme dessoûle à côté du sang, le banquet revient par scènes, on lui offre déjà l'absolution du dieu et il la refuse, il fait ses comptes de morts. Imaginé : les gestes et les entrées de la nuit (le poignard cherché sous le chevet, le page et l'eau, Lanice supposée en Macédoine), et tout le fil des pensées ; la visite nocturne d'Aristandre condense ce que les sources étalent sur trois jours (les devins et Dionysos chez Arrien, les brebis et le songe chez Plutarque) ; les paroles du banquet, les présages et les cris sont ceux des sources, parfois cousus de deux récits, et le tri ci-dessus dit lesquels.

À écouter ensuite

Jeanne d'Arc

l'habit repris, Rouen, 27 mai 1431

Rouen, une tour du château de Bouvreuil, au matin du dimanche 27 mai 1431, jour de la Trinité.

13 min

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