Lincoln
La main, Washington, 1er janvier 1863
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La narration se fabrique. Lisez en attendant : elle apparaîtra en bas de cette page dans une dizaine de minutes, et restera pour tout le monde.
Washington, la Maison-Blanche, son bureau à l'étage, jeudi 1er janvier 1863, au début de l'après-midi. Il a cinquante-trois ans. Depuis le matin il a serré la main de tout Washington ; le bras droit est raide. Le parchemin, renvoyé le matin pour un mot, vient de revenir recopié du Département d'État. Seward et son fils sont là. La plume est trempée.
La plume est trempée et je ne signe pas encore. Seward attend, son fils attend, l'encre attend ; elle est patiente, elle sèche. Ce que j'attends, moi, c'est que le bras redevienne à moi. Depuis neuf heures ce matin j'ai serré des mains : les gants du corps diplomatique, qui serrent comme on prête ; les officiers, qui serrent comme on prouve ; puis à midi on a ouvert les portes, tout Washington est entré, et le peuple serre comme on scie. J'ai fendu des rails pour vivre et le bras n'était pas dans cet état-là. Il est raide, il est engourdi, comme un membre qui appartient à un autre, et c'est avec ce membre-là qu'il faut écrire mon nom au bas d'un papier que le monde va lire.
Car il va être lu, ce nom, et de près. Je viens de le dire à Seward, parce que si je ne le dis pas d'abord, il le pensera : on regardera cette signature à la loupe, et si l'on y trouve un tremblement, on dira qu'il a eu des scrupules. Je n'ai jamais, de ma vie, été plus sûr de faire ce qui est juste. Et ma main tremble. Les deux choses sont vraies à la fois ; c'est une position que je connais, j'ai passé la moitié de ma vie assis dessus.
Ce matin déjà le papier m'a joué un tour. Seward me l'a apporté un peu avant onze heures, la belle copie, et j'ai lu, parce que je lis tout, c'est un pli d'avocat de comté ; et la formule de la fin n'était pas la mienne. Le copiste avait écrit qu'en témoignage de quoi j'y apposais mon nom. Je n'écris jamais cela. J'y appose ma main. J'ai renvoyé le parchemin pour un mot ; on m'a regardé : un an qu'on attend ce document, et il fait tout recopier. Mais dans l'Illinois, un acte dont la clause finale boite, le premier juge de paix vous le retourne ; je ne donnerai pas ce plaisir-là à celui de Richmond. Le papier est revenu tout à l'heure. Entre-temps il y a eu les mains.
Il faut dire ce que c'est que ce papier, puisque personne ne le dira aussi bien que ceux qui le haïssent. Ce n'est pas le papier d'un homme qui aime la liberté. C'est un acte de guerre ; il y a dedans « mesure de guerre nécessaire et appropriée », c'est moi qui l'ai mis, et c'est vrai. Il libère les esclaves partout où mon bras ne va pas, et laisse dans les chaînes ceux que mon bras pourrait atteindre : le Tennessee n'y est pas, treize paroisses de Louisiane avec La Nouvelle-Orléans sont exceptées, les comtés de Virginie que nous tenons sont exceptés ; et le Kentucky, le Maryland, le Missouri, le Delaware ne sont pas nommés : on ne fait pas la guerre à ses propres États. Un journal de Londres l'a écrit cet automne mieux que mes ennemis d'ici : le principe n'est pas qu'un homme ne peut pas en posséder un autre, c'est qu'il ne peut pas le posséder s'il n'est pas loyal aux États-Unis. C'est un papier d'avocat, sec comme un titre de propriété ; il n'y a qu'une phrase là-dedans qui ait l'air de sortir d'un homme, celle où j'invoque le jugement réfléchi de l'humanité et la faveur du Dieu tout-puissant, et elle est de Chase, qui veut mon fauteuil et me l'a proposée. Je l'ai prise. J'ai seulement glissé au milieu « par nécessité militaire », comme on met une clôture dans un cimetière. Avant Noël, Chase a fait mine de démissionner, après Seward ; j'ai gardé les deux et j'ai dit que je pouvais monter en selle maintenant, avec une citrouille à chaque bout du sac. On a ri. Fredericksburg était de la semaine d'avant, douze mille hommes.
Voilà donc pour la main, pour les scrupules qu'on y lira. J'en ai. Ce ne sont pas ceux qu'on croit.
Ma main n'a pas tremblé hier. Hier, le 31, j'ai signé deux choses : un État nouveau taillé dans la Virginie, et un contrat avec un homme nommé Kock pour installer cinq mille Noirs libres sur une île au large d'Haïti ; il est payé par tête. Personne ne m'y a forcé. En août j'ai reçu ici cinq hommes de couleur libres, et je leur ai dit ce que je pensais : que leur race souffrait le plus grand tort jamais infligé à un peuple, que même libres ils resteraient loin de l'égalité avec les blancs, et qu'il valait mieux pour nous tous être séparés. Un sténographe l'a pris ; c'est de ma main, ou tout comme. Il y a un mois, au Congrès, j'ai proposé d'en finir avec l'esclavage en le payant, doucement, avant le 1er janvier 1900. Mille neuf cent. J'ai écrit ce chiffre. Et je signe aujourd'hui un papier qui libère au 1er janvier 1863. Trente-sept ans entre mes deux mains. L'homme qui a écrit l'un et l'autre est le même, et il n'a pas changé d'avis entre-temps ; il a changé de guerre.
Et en 1858, à Charleston, devant Douglas et une foule qui ne voulait entendre que cela, j'ai dit que je n'étais pas et n'avais jamais été pour l'égalité sociale et politique des races. Je l'ai dit pour être élu, je n'ai pas été élu, et je ne l'ai pas dit contre ma pensée. C'est cela le pire : un mensonge, ça se rachète.
Et ma main n'a pas tremblé en décembre. Trois cent trois Sioux condamnés à mort par une commission militaire du Minnesota, après les fermes brûlées ; on voulait que je signe la liste entière. J'ai fait apporter les procès et je les ai lus, avec deux juristes : d'un côté ceux qui avaient violé ou massacré, de l'autre ceux qui avaient seulement fait la guerre. Trente-neuf. J'ai écrit l'ordre moi-même, avec les noms, un par un, et le numéro de leur dossier, pour qu'on ne pende pas un homme à la place d'un autre. Trente-huit ont été pendus le lendemain de Noël, sur un seul échafaud, à Mankato. On me dira que j'en ai épargné deux cent soixante-cinq. On me dira que j'en ai pendu trente-huit. Les deux comptes sont justes, c'est moi qui les ai faits. Le premier Abraham Lincoln, mon grand-père, a été tué par des Indiens dans une clairière du Kentucky, pas au combat, par surprise, en défrichant ; je l'ai écrit dans une notice pour la campagne, en me trompant même sur l'année. Je ne pensais pas à lui en écrivant les noms. J'y pense maintenant, et je note que la main n'a pas tremblé là non plus.
Alors quoi. Alors ceci, que je ne dirai pas à Seward parce qu'il le mettrait dans ses mémoires. J'ai vu l'esclavage une fois de près, comme on voit une chose. Sur un bateau à vapeur, en 1841, douze Noirs enchaînés six par six, exactement comme des poissons sur une ligne de fond, qu'on emmenait vendre dans le Sud ; j'ai écrit à la sœur de Speed qu'ils étaient les plus gais du bord, et que c'était cela qui m'avait frappé. J'ai attendu quatorze ans pour écrire à Speed lui-même que cette vue avait été pour moi un tourment continuel. Je suis un homme lent, et je ne reviens pas en arrière : c'est la seule chose que je sache faire de mes pieds. Le papier de juillet a dormi deux mois dans mon tiroir pendant que j'écrivais à Greeley que si je pouvais sauver l'Union sans libérer un esclave, je le ferais. Les deux étaient vrais. Et le 22 septembre, devant le cabinet, j'ai dit une chose que je n'avais jamais dite : que j'avais promis, à moi-même et, j'ai hésité avant le mot, à mon Créateur, que si Lee était chassé du Maryland je publierais ce papier. J'ai hésité parce que je ne sais pas qui j'appelle. La volonté de Dieu prévaut ; dans les grandes querelles chacun prétend agir selon elle ; les deux peuvent avoir tort, et l'un des deux doit l'avoir. Je n'ai pas trouvé lequel. Je signe quand même.
Willie est mort en février. Je ne mets pas cela dans la balance, il n'y a pas de balance pour cela ; je le dis parce que c'est dans la main aussi. Mary fait venir des gens qui parlent avec les morts ; je la laisse, elle a besoin qu'on lui parle. Il y a vingt-deux ans j'ai écrit à Stuart que j'étais l'homme le plus misérable qui vive, que si ce que je sentais était réparti également sur toute la famille humaine il n'y aurait pas un visage gai sur la terre, et que je devais mourir ou aller mieux. Je n'ai fait ni l'un ni l'autre. J'ai appris à raconter des histoires. Les gens croient que je les raconte parce que je suis gai. Je les raconte pour la même raison qu'on met une clôture.
Mon père est mort dans l'Illinois il y a douze ans ; je ne suis pas allé l'enterrer. Je lui avais fait dire, par le fils de ma belle-mère, qu'il était douteux qu'une rencontre fût plus agréable que pénible. C'est ma main aussi. Elle a écrit cela sans trembler.
Bon. Le bras revient un peu. Seward toussote, il a une signature à mettre aussi, et un sceau. Je vais écrire le nom entier, comme sur toutes les proclamations, pas l'initiale de mes lettres ; le premier Abraham est mort dans une clairière, le second signe ceci, et je veux le nom tout entier, ses trois syllabes de Bible, pour qu'on ne dise pas que j'ai signé en passant. Lentement. Pas parce que j'hésite : parce que c'est ainsi qu'on tient une hache quand le bras est mort, par le bout, en laissant le poids faire.
Voilà. C'est fait. Je regarde : elle est ferme, plus ferme que d'habitude, on dirait presque celle d'un autre. On rit, Seward, son fils, moi ; quelqu'un dit que cela ira. Ils la regarderont, ils trouveront une main qui ne tremble pas, et ils en concluront ce qu'ils voudront. Elle n'a pas tremblé hier non plus. Je pose la plume, avec soin ; Sumner l'a demandée. On demande toujours la plume, jamais la main.
Le texte partit par le télégraphe vers huit heures du soir. À Boston, Frederick Douglass attendait la dépêche au Tremont Temple ; il écrira n'avoir jamais vu d'enthousiasme avant ce soir-là. En Caroline du Sud, devant le premier régiment de soldats noirs, une vieille voix fêlée, puis deux femmes, puis tous, entonnèrent My Country, 'Tis of Thee sans qu'on le leur ait demandé ; Higginson n'avait jamais rien vu de si électrique. La plume alla à George Livermore par Sumner ; elle est à Boston, dans une vitrine. Quatre cent cinquante-trois colons partirent pour l'Île à Vache en avril 1863 ; la petite vérole était à bord, les maisons promises n'existaient pas ; un navire ramena environ trois cent cinquante survivants en mars 1864, et il ne parla plus de colonisation. Le manuscrit de sa main, donné à une foire de charité de Chicago (« j'avais quelque désir de garder ce papier, mais s'il contribue au confort des soldats, ce sera mieux »), brûla dans l'incendie de 1871. En 1864, à Ramsey qui regrettait qu'il n'ait pas pendu plus de Sioux, il répondit qu'il ne pouvait pas se permettre de pendre des hommes pour des votes. Le 31 janvier 1865, la Chambre vota le treizième amendement, qui abolit l'esclavage partout. Le 14 avril 1865, au théâtre Ford, une balle l'atteignit derrière la tête ; il mourut le lendemain matin à sept heures vingt-deux. La signature est aux Archives nationales, sous verre. On l'examine encore. Elle ne tremble pas.
Le vrai et la légende
Ce qui est de sa main, ce qui est documenté, ce qui est contesté, et la part inventée.
De sa main
Les Collected Works : la lettre à John T. Stuart du 23 janvier 1841 (« I am now the most miserable man living. If what I feel were equally distributed to the whole human family, there would not be one cheerful face on the earth... I must die or be better, it appears to me ») ; la lettre à Mary Speed du 27 septembre 1841 (douze esclaves « chained six and six together », « strung together precisely like so many fish upon a trot-line », et pourtant « the most cheerful and apparantly happy creatures on board », coquille comprise) et celle à Joshua Speed du 24 août 1855 (« That sight was a continual torment to me ») ; la lettre à John D. Johnston du 12 janvier 1851, cinq jours avant la mort de son père, à faire lire au mourant (« if we could meet now, it is doubtful whether it would not be more painful than pleasant ») ; l'autobiographie de juin 1860 pour Scripps (le grand-père Abraham « killed by indians, not in battle, but by stealth, when he was laboring to open a farm in the forest », « a year or two later » après l'arrivée au Kentucky : c'était quatre ans, l'erreur est de lui) ; le débat de Charleston du 18 septembre 1858 (« I am not, nor ever have been in favor of bringing about in any way the social and political equality of the white and black races », « a physical difference... which I believe will for ever forbid ») ; l'adresse à la délégation d'hommes de couleur du 14 août 1862, prise en sténographie (« Your race are suffering, in my judgment, the greatest wrong inflicted on any people... It is better for us both, therefore, to be separated ») ; la lettre à Greeley du 22 août 1862 (« My paramount object in this struggle is to save the Union, and is not either to save or to destroy slavery. If I could save the Union without freeing any slave I would do it ») ; la réponse aux chrétiens de Chicago du 13 septembre 1862 (le document inopérant « like the Pope's bull against the comet ») ; le message annuel du 1er décembre 1862 (l'amendement d'émancipation compensée achevée avant « the first day of January, in the year of our Lord one thousand nine hundred », la colonisation volontaire, « we cannot escape history », « the last best, hope of earth ») ; l'ordre à Sibley du 6 décembre 1862, de sa main, trente-neuf noms avec leur numéro de dossier ; le contrat avec Bernard Kock pour l'Île à Vache, 31 décembre 1862, et l'opinion du même jour sur l'admission de la Virginie-Occidentale ; la Proclamation du 1er janvier 1863 (« as a fit and necessary war measure », treize paroisses de Louisiane et les comtés de Virginie tenus par l'Union exceptés, le Tennessee simplement absent de la liste, l'enrôlement des Noirs, « abstain from all violence, unless in necessary self-defence »), signée « Abraham Lincoln » comme toute proclamation, dont la dernière phrase est de Chase et l'incise « upon military necessity » de lui. Le fragment sur la volonté de Dieu (« Both may be, and one must be, wrong »), trouvé par Hay et daté par les éditeurs de septembre 1862, est à lui aussi.
Documenté (par des tiers)
Frederick Seward, fils du secrétaire d'État, présent (Reminiscences of a War-Time Statesman and Diplomat) : le parchemin apporté à dix heures quarante-cinq, l'erreur trouvée par Lincoln (le copiste avait écrit « set my name », lui n'écrivait jamais que « set my hand »), le renvoi pour recopie, la réception de onze heures à deux heures, la signature après, dans le bureau, devant moins de douze personnes (Nicolay et Hay), et les mots : « I never, in my life, felt more certain that I was doing right, than I do in signing this paper. But I have been receiving calls and shaking hands since nine o'clock this morning, till my arm is stiff and numb. Now, this signature is one that will be closely examined, and if they find my hand trembled, they will say, 'he had some compunctions.' But, any way, it is going to be done. » ; la signature « unusually clear, bold, and firm, even for him », et le rire. À Colfax : « Three hours' hand-shaking is not calculated to improve a man's chirography. » Le journal de Chase, 22 septembre 1862 : la promesse « to myself, and (hesitating a little) to my Maker » ; Welles confirme le vœu ; Antietam le 17. La crise de décembre : Seward démissionne le 16, Chase le 20, Lincoln refuse les deux ; « Now I can ride; I have got a pumpkin in each end of my bag », au sénateur Ira Harris (souvenir de Nicolay). Fredericksburg, 13 décembre 1862, 12 653 hommes perdus. Les Dakotas : 303 condamnés à mort par la commission militaire, les procès relus à Washington par George Whiting et Francis Ruggles, 39 noms, Round Wind gracié, 38 pendus sur un seul échafaud à Mankato le 26 décembre 1862 ; en 1864, à Ramsey qui lui dit que le Minnesota aurait mieux voté s'il en avait pendu davantage : « I could not afford to hang men for votes » (souvenir de Ramsey). L'Île à Vache : 453 émigrants partis en avril 1863 sur l'Ocean Ranger, la petite vérole, les maisons promises jamais bâties, environ 350 survivants ramenés en mars 1864 sur ordre de Lincoln. Le soir du 1er janvier : le texte télégraphié vers vingt heures depuis le ministère de la Guerre ; Frederick Douglass au Tremont Temple de Boston, l'attente, « It is coming over the wire » ; à Camp Saxton (Port Royal), la lecture par le Dr Brisbane, puis la voix d'un vieil homme, deux femmes, tous, qui entonnent « My Country, 'tis of thee » (Higginson, Army Life in a Black Regiment). La plume, mise de côté pour Sumner (Perley Poore), donnée à George Livermore, à la Massachusetts Historical Society depuis 1911. Le manuscrit de sa main donné à la foire de Chicago d'octobre 1863 (« I had some desire to retain the paper; but if it shall contribute to the relief or comfort of the soldiers, that will be better »), vendu 3 000 dollars, brûlé en 1871 ; l'original signé aux National Archives. Mary Lincoln et les médiums : documenté ; Mary à la réception une heure, encore en deuil. Willie mort le 20 février 1862, à onze ans ; Thomas Lincoln mort le 17 janvier 1851, son fils absent.
Contesté, légende
« If there is a worse place than Hell, I am in it », après Fredericksburg : partout, sans témoin nommé ; je ne le lui fais pas dire. « If my name ever goes into history it will be for this act, and my whole soul is in it » et le « That will do » : Carpenter, qui n'était pas là et cite un journal de Rochester ; le « cela ira » reste dans une bouche anonyme. La Nouvelle-Orléans en 1831, « if I ever get a chance to hit that thing, I'll hit it hard » : John Hanks, qui n'avait pas fait le voyage jusque-là. Le cercueil de Willie rouvert au caveau d'Oak Hill : tradition tardive. Lincoln assis à une séance : une médium trente ans après, et un canular de journal. Sa mère fille naturelle d'un planteur de Virginie : Herndon seul. « I am a slow walker, but I never walk back » : aucune source ; en pensée, jamais en citation. Le Spectator de Londres (« he cannot own him unless he is loyal to the United States ») : la phrase est sûre, la date du 11 octobre 1862 ne l'est pas, l'automne suffit. L'heure de la signature : Frederick Seward dit midi, Nicolay et Hay « the afternoon was well advanced » ; je prends le début de l'après-midi. Le contrat Kock : une source le met au matin du 1er janvier, une heure avant la Proclamation ; les autres au 31. Le nombre de mains serrées : aucun chiffre.
Le dispositif
La minute de la plume, entre la dernière poignée de main et la signature. Pas le brouillon de juillet, pas la promesse de septembre, pas le soir des télégrammes : le moment où l'homme public sait que sa main va être lue, et fait pour lui seul l'inventaire de ce que cette main a signé d'autre. Présent, première personne ; l'avocat de comté qui compte ; l'humour comme clôture ; la Bible par bouffées. Le point de bascule est le contrat de la veille, dont la main ne tremblait pas ; le pivot est le mot du copiste, « name » pour « hand ».