Louis XI

La souricière, Péronne, nuit du 13 au 14 octobre 1468

13 min

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Château de Péronne, sur la Somme, nuit du 13 au 14 octobre 1468. Louis XI, quarante-cinq ans, roi de France, est venu presque seul, sous la garde de son hôte, négocier la paix chez son grand vassal Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. C'est la troisième nuit que les portes sont fermées sur lui : pendant qu'il parlait de paix, ses agents soulevaient la ville de Liège contre le duc. Le roi est prisonnier, et son hôte n'a pas encore décidé ce qu'il fera de lui.

Le feu est maigre. On me compte le bois.

J'écoute la sentinelle sur le rempart. Vingt pas, un silence, vingt pas. Tout est bourguignon ici, les murs, le pain, les clefs.

Au-dessus de ma chambre, il y a la grosse tour. On me l'a dite le premier soir, sans malice : c'est là qu'un comte de Vermandois a tenu un roi de France, il y a cinq cents ans. Charles, troisième du nom. Le Simple. Il n'en est jamais sorti.

Je loge dessous. C'est moi qui l'ai demandé.

Il y a quatre jours, un dimanche, je suis arrivé devant Péronne sans armée. Sans garde à moi : j'ai voulu me remettre, de tout point, à la garde de mon hôte, et ce sont ses archers qui m'ont escorté sur la route. Avec moi, le connétable, les deux Bourbon, Balue mon cardinal. Quatre ans que nos armées se cherchent et se manquent ; les batailles ne m'ont jamais rien rapporté, les tables, tout. Le duc est venu au-devant de moi, il m'a fait l'accolade, il m'a mené à mon logis en ville, chez le receveur, à deux pas du château.

Ma sûreté tient dans un pli de parchemin. Je l'ai relu ce soir.

Le lendemain, du monde est entré dans la ville. Je les ai vus de ma fenêtre : monsieur de Bresse, que j'ai tenu en prison ; du Lau, qui s'est enfui de la sienne ; Poncet de Rivière ; d'Urfé. Des bannis de mon royaume, tous, portant la croix de Saint-André. Et aux champs, l'armée de Bourgogne arrivait par bandes : mandée avant l'entrevue, m'a-t-on dit, on n'a pas su la décommander.

On m'a juré qu'ils n'étaient pas venus pour moi.

J'ai eu peur. Je le dis comme c'est : le froid m'est monté du ventre aux épaules, et je suis allé demander au duc de me loger au château, près de lui. Le logis y est pauvre, m'avait-on prévenu. J'ai insisté.

Le duc, m'a-t-on rapporté depuis, en fut très joyeux.

Le soir même, on portait mes coffres sous la tour. C'est moi qui ai choisi ma cage.

Il y a trois jours, pendant que nous causions traité, un courrier est entré dans Péronne, boue jusqu'aux reins. Liège s'est levée. Les Liégeois ont surpris Tongres, pris leur évêque, le propre cousin du duc, pris Humbercourt, son lieutenant. Le premier bruit disait tout le monde mort, l'évêque taillé en pièces, des chanoines assommés dans leurs stalles.

Et dans la troupe qui a fait le coup, on a reconnu deux hommes. On les a nommés au duc. Deux hommes à moi.

Je les ai envoyés moi-même, il y a des semaines, porter aux Liégeois de l'argent et du cœur contre la Bourgogne. C'était avant. Avant le sauf-conduit, avant l'accolade, avant que je décide ce voyage.

Je ne m'en étais point avisé.

Voilà ma faute, entière : je suis venu parler de paix chez cet homme pendant que mon argent, parti devant moi, lui faisait la guerre.

On m'a rapporté le reste. Le duc a blêmi, il a crié à la trahison. Le soir, les portes de la ville étaient fermées. Au matin, celles du château. Des archers sur le pont, des archers dans la cour, et ce mensonge poli qu'on m'a servi avec le dîner : on cherche une boîte perdue, Sire, des bagues, de l'argent, rien qui vous regarde.

Trois nuits que je couche sous cette clef. Celle-ci décidera.

Le premier soir, j'ai fait ouvrir mes coffres. Pas ceux des harnais. Ceux de l'or.

« Porte. Donne. Ne marchande pas. »

Quinze mille écus, déjà, chez ceux qui entrent dans la chambre du duc, qui le chaussent, qui l'écoutent, qui lui versent son vin. L'or ne m'a jamais trahi, lui. Celui qui a pris hier gratte à ma porte ce soir et me récite les conseils de son maître comme un clerc ses heures.

On gratte, justement.

C'est un homme de la chambre. Il entre sans flambeau, il parle contre mon oreille, je sens le vin dans son haleine.

« Sire, monseigneur n'est pas couché. Il n'a pas quitté ses habits depuis hier. Il marche, il se jette sur son lit, il se relève, il marche encore. »

« Que dit-il ? »

« Rien de suivi, Sire. Il se parle à lui-même. »

« Et son conseil ? »

« Partagé en trois. Les uns veulent qu'on traite avec vous et qu'on vous laisse aller. D'autres qu'on vous garde, le temps qu'il faudra. Et il y en a... » Il s'arrête.

« Va au bout. »

« Il y en a pour faire venir Monseigneur votre frère, Sire. J'ai vu un homme botté dans la cour, prêt à monter, les fontes pleines de lettres pour la Bretagne. Il n'attend que celles du duc. »

Je ne réponds rien. Il reprend, plus bas :

« Et l'on m'a chargé d'un mot pour vous, d'un ami qui ne veut pas de nom. Demain, quoi qu'on vous demande, accordez tout, d'un coup, sans marchander. La paix, et Liège. À ce prix, nul mal ne vous sera fait. Autrement, nul plus grand péril ne vous peut advenir. »

Je lui mets une bague dans la main. Il referme les doigts dessus, il s'incline, il s'en va comme il est venu.

Mon frère. Vingt et un ans, faible, à qui mes ennemis ont fait crier Normandie hier et feront crier France demain. Ils le tireraient de Bretagne comme on tire un étendard d'un coffre.

Il faut sortir d'ici. Vivant, roi, et vite.

Je m'assieds. Je me relève. J'ai froid aux pieds.

Il faut lui donner Liège.

Ils sont à moi, les Liégeois. Mon argent est dans leurs poches, mes promesses dans leurs bouches. Ils ont crié mon nom en prenant Tongres.

Qu'ils brûlent.

Demain, quoi qu'il me demande, je dirai oui avant la fin de sa phrase. Et j'offrirai ce qu'on ne me demandera pas : des gens, autant qu'il lui plaira, ou aussi peu.

Je vais à la fenêtre. La cour est noire. Une torche au corps de garde, des hommes qui jouent aux dés contre le mur.

Il y a douze ans, j'étais l'enfant chéri de cette maison de Bourgogne.

Dauphin brouillé avec mon père, je suis arrivé chez le vieux duc Philippe sans un denier vaillant. Il ne m'a pas rendu à mon père. Il m'a logé cinq ans à Genappe, il payait ma table, mes chevaux, mes faucons, il m'appelait son fils. Son vrai fils, Charles, comte de Charolais, chassait avec moi. Il parlait peu. Il comptait mes politesses comme un prêteur compte ses gages.

On prête à mon père, quand on lui rapportait ces douceurs, un mot : « Mon cousin de Bourgogne nourrit le renard qui mangera ses poules. »

Cinq ans plus tard, à Reims, c'est le vieux Philippe qui m'a armé chevalier au matin du sacre, et sa main soutenait ma couronne, premier de tous les pairs.

Et me voici sous la tour de son fils, à compter les pas d'une sentinelle.

Les poules tiennent le renard.

Deux heures sonnent à Saint-Fursy. Le roi Simple dort là, sous les dalles des chanoines, dans sa ville de Vermandois. On a dû lui compter le bois, à lui aussi.

Je dis un Ave, à voix basse, pour lui et pour moi.

Et je fais à Notre-Dame de Cléry une promesse chiffrée. Elle me connaît. Je paie toujours.

Le jour vient gris. On m'apporte l'eau chaude, le pain, le vin. Je me fais raser, lentement, et je cause avec le barbier : la pluie, le gibier d'ici, la santé de monseigneur. Ma voix est unie. Le rasoir descend sur ma gorge, remonte, redescend. Je ne bouge pas.

Des pas dans l'escalier. Plusieurs. Mes gens se dressent.

Le duc.

Il entre presque seul. Il fait l'humble de tout le corps, le chaperon ôté, le genou plié d'un pouce. Et rien n'est humble dans sa voix. Elle tremble. Elle bute. Ses mains vont de sa ceinture à sa dague, de sa dague à sa ceinture.

« Sire. La paix est écrite et accordée. Votre Majesté veut-elle la jurer ? »

« Je le veux, mon frère. »

« Et plairait-il au roi de venir avec moi venger la trahison que les Liégeois m'ont faite ? Ils l'ont faite à cause de vous, Sire, et de votre venue. Et monsieur de Liège est de votre sang. »

À cause de vous. Il me tend la phrase par la pointe, comme une lame. Je ne cille pas.

« J'en suis content, mon frère. J'irai, et j'y mènerai des gens en si petit ou si grand nombre qu'il vous semblera bon. »

Il attendait autre chose. Un refus, une réserve, un mot de trop, n'importe quoi où planter sa colère. Je le vois chercher. Il ne trouve rien. Et la joie lui monte au visage malgré lui, d'un coup, comme un sang qui revient.

On apporte la table, le traité. Et l'on tire de mes coffres, à moi, la vraie Croix, celle que portait Charlemagne, dit-on, la Croix de Victoire. Une vertu court sur elle, que tout le royaume sait : qui se parjure dessus meurt dans l'année.

C'est moi qui la fais voyager. Des serments, j'en ai prêté sur tous les saints du calendrier. Sur elle, jamais un que je ne comptais tenir.

Balue la tient devant moi, à deux mains, à hauteur de mon cœur.

Je pose la main sur le bois usé. Je jure la paix, l'amitié, Liège. Ma voix est pleine, ma main ne bouge pas. Le duc jure après moi, la main serrée sur le pommeau de sa dague.

Et aussitôt, par toute la ville, on sonne les cloches. La paix, à toute volée, sur ma souricière.

Puis il me tend le bras, et nous descendons ensemble, du même pas, comme deux frères.

Dans la cour, le soleil perce. On selle déjà les chevaux de l'avant-garde. Les portes du château sont ouvertes, les deux battants, et plus personne ne garde le pont.

Demain, à l'aube, nous chevaucherons contre Liège, lui pour venger son sang, moi pour brûler mes amis.

Ce soir, pour la première fois, on me sert à souper sans que j'aie rien demandé. Du héron, du vin de Beaune, des poires.

Je mange de tout.


À une demi-lieue de Péronne, le roi demanda en selle ce qu'il ferait si son frère refusait la Champagne promise. Le duc répondit sans y penser : qu'il soit content, je m'en rapporte à vous deux. De cette réponse, écrit Commynes, sortit depuis grande chose : le frère reçut la Guyenne, loin de la Bourgogne, et le grand article de Péronne resta lettre morte. Le 30 octobre, Liège fut prise ; la veille, six cents hommes de Franchimont avaient percé jusqu'aux logis des deux princes, à deux doigts de les tuer ensemble. À l'assaut, disent les Liégeois, le roi portait la croix de Saint-André et criait Vive Bourgogne. La ville brûla sept semaines ; les églises restèrent seules debout. Un ordre royal fit saisir jusqu'aux pies et aux geais qui savaient crier Péronne. Balue fut pris à trahir pour le duc : onze ans de prison. Commynes, servant encore la Bourgogne, reçut du roi, dès 1470, la terre de Talmont pour services rendus à Péronne ; passé au roi en 1472, c'est dans ses Mémoires qu'on lit cette nuit. Le 5 janvier 1477, devant Nancy, Charles tomba ; on le retrouva le surlendemain, nu, pris dans la glace d'un étang, le crâne fendu, une joue mangée par les loups. Louis prit la Bourgogne et la Picardie. Il mourut le 30 août 1483 au Plessis, ceint de grilles de fer et de broches, gardé comme une place de frontière. La dernière cage était de lui, et il en gardait la clef.

Le vrai et la légende

Ce qui est de sa main, ce qui est documenté, ce qui est contesté, et la part inventée.

De sa main

Louis XI est l'un des rois les plus écrivains de son siècle : des milliers de lettres dictées ou signées de lui, où l'on voit partout la méthode de Péronne, les espions, les serviteurs d'autrui achetés, la dissimulation en outil de règne. Mais on ne lui connaît aucune lettre écrite de Péronne pendant les jours de la souricière : sous clef, le roi n'écrit pas, et les pensées de cette nuit sont imaginées. Deux actes royaux encadrent pourtant l'affaire : la commission du 19 novembre 1468 ordonnant de saisir les pies, geais et chouettes qui avaient appris à dire, parmi d'autres mots de rue (« larron », « paillard », « Perrette, donne-moi à boire »), le mot « Péronne », et de les mener à Amboise (l'acte est référencé par les éditeurs des lettres du roi ; son libellé nous parvient par des érudits du XIXe siècle) ; et les lettres patentes de février 1470 donnant la terre de Talmont à Philippe de Commynes, alors encore chambellan de Charles le Téméraire, « pour aucuns singuliers services que nous fit, Nous estans à Péronne et au voyage de Liège ».

Documenté (par des tiers)

Presque tout vient de Commynes, témoin direct, chambellan du duc, qui coucha dans sa chambre la nuit décisive : le roi venu sans garde, remis « de tous poinctz » à la sûreté du duc, arrivé le dimanche 9 octobre 1468 avec le connétable de Saint-Pol, le duc et le cardinal de Bourbon, le cardinal Balue ; le logis chez le receveur, belle maison près du château ; l'entrée dans la ville d'ennemis personnels du roi (Bresse, du Lau, Poncet de Rivière, d'Urfé) portant la croix de Saint-André, l'armée de Bourgogne mandée avant l'entrevue et qu'on ne sut décommander à temps ; la peur du roi et sa demande d'être logé au château, dont le duc fut « très joyeulx » ; la chambre « rasibus d'une grosse tour, où un conte de Vermandois feit mourir ung sien prédécesseur roy de France » (Charles le Simple, mort prisonnier à Péronne en 929, inhumé à Saint-Fursy) ; les deux émissaires envoyés à Liège dont le roi « ne s'estoit point advisé », reconnus et nommés par les messagers (leurs noms ne nous sont pas parvenus) ; la prise de Tongres, l'évêque Louis de Bourbon, cousin germain du duc, et Humbercourt capturés, cinq ou six chanoines tués dont un mis en pièces, la rumeur enflée disant tout le monde mort ; les portes de la ville et du château fermées sous le prétexte « d'une boeste qui estoit perdue, où il y avoit de bonnes bagues et de l'argent » ; le conseil partagé en trois partis, et le courrier botté vu par Commynes, lettres pour la Bretagne déjà prêtes, n'attendant que celles du duc ; les quinze mille écus d'or que le roi fit distribuer à l'entourage ducal (le porteur en retint une partie, « comme le Roy sceut depuis ») ; le « quelque amy » qui fit avertir le roi d'accorder les deux points, faute de quoi « nul plus grant péril ne luy pourroit advenir » ; la troisième nuit, où le duc « ne se despouilla oncques », se jeta deux ou trois fois sur son lit, marcha, Commynes marchant avec lui ; au matin la voix qui « luy trembloit, tant il estoit esmeu », l'humble contenance du corps et la parole âpre, la demande de venger la trahison des Liégeois faite « à cause de luy et de sa venue », l'accord immédiat du roi et son offre de mener des gens « en si petit ou si grant nombre que bon luy sembleroit », qui réjouit fort le duc ; la vraie Croix « tirée des coffres du Roy », dite Croix de Victoire, portée jadis, disait-on, par Charlemagne, et les cloches sonnées par la ville sitôt la paix jurée ; le départ commun le 15 ; la question posée par le roi à une demi-lieue de Péronne sur le partage de son frère, la réponse du duc « soubdainement, sans y penser » (« je m'en rapporte à vous deux »), et le mot de Commynes : « de ceste demande et responce sortit depuis grant chose » ; la sortie des six cents de Franchimont la veille de l'assaut, guidés par les hôtes mêmes des logis des deux princes, les archers écossais du roi qui « ne bougèrent du pied de leur maistre » et blessèrent dans la mêlée plus de Bourguignons que de Liégeois ; l'assaut du dimanche 30 octobre au matin ; l'incendie de Liège commencé le 3 novembre et conduit sept semaines durant, les églises sauvées ; le serment de Charles par saint Georges de détruire la ville (Thierry Pauwels) ; la fin du duc devant Nancy le 5 janvier 1477, le corps retrouvé le surlendemain, nu, dans un étang gelé, le crâne fendu, le visage entamé par les loups, reconnu aux ongles, aux cicatrices, aux dents ; la saisie de la Bourgogne et de la Picardie, le mariage de Marie de Bourgogne et de Maximilien (août 1477) ; le Plessis de la fin, grilles de fer, broches à pointes, dix arbalétriers dans les fossés, gardé « comme en une place de frontière », la mort le 30 août 1483, et Notre-Dame de Cléry choisie pour sépulture dès 1467.

Contesté, légende

Le cri « Vive Bourgogne ! » dans la bouche du roi à l'assaut, la croix de Saint-André au chapeau, vient des sources liégeoises et de l'historiographie, pas de Commynes, qui ne donne que les cris mêlés de la nuit de Franchimont ; la chute le rapporte aux Liégeois. Le mot prêté à Charles VII, « mon cousin de Bourgogne nourrit le renard qui mangera ses poules », est une tradition sans chroniqueur d'époque identifié ; le roi le donne ici comme un mot qu'on prête. L'identification de la Croix de Victoire à la croix de saint Laud d'Angers, et Balue la tenant pendant le serment, relèvent de la tradition et de l'historiographie ; la croyance qu'un parjure sur elle tue dans l'année est, elle, bien attestée, et « le seul serment qu'il tenait pour inviolable » est une glose d'historiens sur une dévotion réelle. La cage de fer du cardinal Balue est une légende née au siècle suivant et fixée par la peinture : ses onze ans de prison sont réels, les cages ont existé sous Louis XI, pas pour lui. « L'universelle aragne » est une pique des poètes bourguignons (Molinet, après l'« araigne » de Chastellain), devenue surnom au XIXe siècle ; « qui ne sait dissimuler ne sait régner » n'apparaît qu'en 1589, prêtée après coup ; le « Pasques-Dieu » doit sa fortune à Walter Scott : aucun des trois n'est dans le texte. La chronologie fine des jours de crise flotte d'une source à l'autre (la nouvelle de Tongres arrive le 11 ou le 12) ; Commynes, lui, compte les nuits, et la nuit du texte est sa « tierce ».

Le dispositif

La troisième nuit sous clef, du 13 au 14 octobre 1468, dans la chambre sous la tour, puis le matin du serment. La nuit bouge : la sentinelle, un serviteur acheté qui vient rapporter, les cloches, le rasoir, l'entrée du duc. Imaginé : les gestes et les heures, les répliques du visiteur de nuit (l'avertissement du « quelque amy » de Commynes est mis dans sa bouche), la prière, le souper, l'accolade de l'arrivée, Balue tenant la croix (tradition) ; les paroles du duc et du roi au matin suivent Commynes au plus près ; la résolution de livrer Liège, que l'histoire montre en actes quinze jours plus tard, est ramassée en pensée cette nuit-là.

À écouter ensuite

Jeanne d'Arc

l'habit repris, Rouen, 27 mai 1431

Rouen, une tour du château de Bouvreuil, au matin du dimanche 27 mai 1431, jour de la Trinité.

13 min

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